L’Etat d’Israël s’est impliqué activement pour aider l’Autorité palestinienne à faire face au COVID-19. Pourtant, il serait impossible de le savoir si on s’en tenait aux seules émissions de radio et de télévision de l’Autorité palestinienne. Bien au contraire, en fait. Le suivi de ces émissions et autres diffusions révèle non seulement le silence absolu concernant l’assistance continue et intensive d’Israël à l’Autorité palestinienne dans la lutte contre le COVID-19, mais aussi un manque total de reconnaissance envers l’État d’Israël, qui est appelé, selon les cas, “l’autre partie”, “l’État conquérant”, “l’État raciste” ou encore “une atrocité”. De plus, dans une terminologie qui flirte dangereusement avec l’antisémitisme, Israël est accusé dans ces communications de propager délibérément le virus, le pays étant lui-même aussi carrément décrit comme un virus.

L’aide israélienne à l’Autorité palestinienne dans la guerre contre le COVID-19

Avant les fêtes de la Pâque juive, le Ma’an News Service, une des principales agence de presse palestinienne, a fait circuler un rapport selon lequel des travailleurs qui cuisaient du matza (pain de la Pâque juive) dans la zone industrielle d’Atarot avaient infecté le village de Bani Na’im, près d’Hébron, avec le COVID-19.

En fait, depuis six semaines, l’Autorité palestinienne prétend qu’Israël propage le virus par l’intermédiaire des employés qui travaillent dans les fabriques de matza israéliennes.

Ce n’est rien d’autre qu’une nouvelle version de la traditionnelle calomnie antisémite liée à la calomnie dite du blood libel  (“sang de la Pâque“: Au Moyen-Âge, les Juifs étaient accusés de fabriquer les matzas, le pain de la Pâque, avec le sang des enfants chrétiens musulmans).

Selon la radio PBC, “Après que le ministère palestinien de la santé ait annoncé que quatre travailleurs de la ville de Bani Na’im étaient atteints du coronavirus, il est apparu clairement que cette contamination résultait du fait qu’ils avaient été mis en contact avec une pratique juive lorsqu’ils travaillaient dans une usine de matzas de la Pâque, parce que les Juifs mangent souvent pendant cette fête selon leurs traditions religieuses”.

Déjà en 2010, l’Autorité palestinienne avait officiellement lancé une guerre d’information contre Israël dans ce qui fut appelé “l’Intifada populaire” ou “l’Intifada de la paix”. En mars 2019, le Dr. Mohammed Shatiya est devenu Premier ministre de l’AP, et cette offensive de propagande contre Israël s’est considérablement intensifiée.

Considérez, par exemple, la remarque suivante faite par le Dr Shatiyah le 22 septembre 2019, lors de l’inauguration du “War on of the Cancer War Institute” (Guerre contre l’Institut de lutte contre le cancer) à Ramallah : “Les déchets chimiques et nucléaires de la conquête israélienne sont la cause principale de certaines maladies, en particulier du cancer. Le nombre de cancéreux dans notre pays est relativement élevé par rapport aux pays voisins, car Israël utilise nos terres comme décharge et les Israéliens sont poursuivis pour ce crime”. Suite aux pressions exercées par la communauté européenne sur l’Autorité palestinienne pour qu’elle coopère avec Israël à la veille de la crise du COVID-19, le Premier ministre Shatiya, qui avait récemment accusé Israël de provoquer des cancers chez les Palestiniens, semble se retenir d’accuser directement Israël de propager le virus.

Néanmoins, après qu’un clip, tournant sur les médias sociaux, ait montré un soldat israélien crachant sur un véhicule palestinien à Hébron, Shatiya a fait la déclaration suivante : “Nous avons vu certains des soldats essayer de répandre le virus, et cela est dû au racisme et à l’éducation à la haine. Et ils aspirent à la mort des autres”.

Au-delà des propos tenus par le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, la calomnie traditionnelle accusant les Juifs de propager délibérement le COVID-19 parmi les employés palestiniens via la fabrication des matzas (blood libel) se poursuit bel et bien.

Le 19 avril, l’Autorité environnementale palestinienne a déclaré sur la radio officielle Voice of Palestine qu’Israël répandait “le virus de la conquête” et que “la conquête israélienne est une épidémie, et les colons sont une épidémie”. La même porte-parole a déclaré que les Palestiniens avaient reçu l’ordre de ne pas s’approcher des colonies parce que “l’occupation a ordonné aux colons de cracher sur les voitures palestiniennes”. Elle a exprimé son regret que des Palestiniens travaillent dans les zones industrielles israéliennes, mais “les forces conquérantes les tiennent éloignés [de leurs maisons] afin qu’ils puissent ensuite rentrer chez eux et transmettre le virus au peuple palestinien pour porter atteinte à la vie des Palestiniens”.

La ligne officielle de l’AP est que les Israéliens sont, par nature, porteurs du COVID-19. Une tel message officiel rappelle le récit nazi selon lequel les Juifs étaient des propagateurs de maladies. Ainsi, par exemple, à la suite des arrestations effectuées par les soldats de l’IDF (Israelian Defense Forces) à Ramallah, les employés de la municipalité de Ramallah ont retracé le chemin pris par des soldats pour le désinfecter du virus.

La municipalité de Ramallah désinfecte le parcours des soldats de l’IDF

Selon Mahmoud al-Alul, un député d’Abou Mazen au Fatah, “En première ligne du COVID-19, un monstre donne la priorité à la lutte contre l’occupation parce que la conquête raciste profite que le monde entier soit occupé par le fléau pour que les sionistes augmentent leurs agressions contre le peuple palestinien, en passant même par les égouts”.

Le message transmis dans les médias palestiniens officiels est que les travailleurs de retour d’Israël répandent malicieusement le COVID-19 dans les “territoires de l’Autorité palestinienne”. Cette allégation a provoqué l’indignation des travailleurs et de leurs familles, selon Shar Sa’ad, responsable de l’union syndicale, basée à Naplouse.

Une session spéciale a eu lieu entre Sa’ad et le Premier ministre Shatiya sur cette question. Les médias de l’Autorité palestinienne n’ont pas rendu compte du contenu de la réunion, mais des sources à Naplouse disent que Shar Sa’ad a exigé que le Premier ministre M.Shatiya cesse d’accuser les travailleurs de l’AP de propager la maladie.

Suite à la réunion, Mohammed Shatiya a déclaré : “Je vous prie de ne pas faire de mal aux travailleurs. Ce sont nos enfants, et ils travaillent pour le pain de leurs enfants”.

Annonce de la télévision palestinienne à la solde de M. Shatiya à propos des travailleurs en Israël

Le message de propagande du Premier ministre Shatiya contre les travailleurs de l’AP travaillant en Israël vise à promouvoir sa politique bien connue de couper tous les liens économiques avec Israël – malgré le lourd tribut payé par les Palestiniens, y compris les travailleurs palestiniens en Israël et dans les zones industrielles.

De plus, l’Autorité palestinienne prétend qu’Israël expose les détenus palestiniens emprisonnés au COVID-19, et libère des prisonniers malades afin que ceux-ci puissent infecter à leur retour leurs communautés avec la maladie.

Ali Maghrabi, un porte-parole de l’organisation des prisonniers palestiniens, a laissé entendre à l’agence de presse turque qu’un complot officiel israélien était à l’origine de la libération d’un prisonnier nommé Nur a-Din Sarsor, qui était incarcéré dans une prison israélienne en bonne santé et qui est ensuite tombé malade du virus. Le porte-parole de l’organisation a lié la source du virus aux gardiens de prison; selon les médias palestiniens, les Israéliens sont porteurs de la maladie et cherchent activement à la propager.

Il convient de noter que le gouvernement israélien a prêté ses fréquences à la télévision, à la radio et à l’Internet de l’Autorité palestinienne à des fins de paix et de coexistence, conformément aux accords d’Oslo 2. En 2012, MK Uri Orbach et MK Yariv Levin ont introduit une ordonnance visant à couper les fréquences israéliennes de l’AP. Cette loi n’a jamais été votée en raison des élections qui se sont tenues en 2013.  Bien qu’Uri Orbach soit décédé depuis, Yariv Levin est maintenant prêt à occuper un poste de haut niveau dans le nouveau gouvernement. A la lumière de ces diffamations antisémites liées au COVID-19,  (blood libel, calomnie traditionnelle accusant les Juifs de propager délibérement la maladie), il est raisonnable de penser que Levin s’attellera à couper les fréquences médiatiques de l’Autorité palestinienne.

Trad: emet.translate@gmail.com

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David Bedein is an MSW community organizer and an investigative journalist.   In 1987, Bedein established the Israel Resource News Agency at Beit Agron to accompany foreign journalists in their coverage of Israel, to balance the media lobbies established by the PLO and their allies.   Mr. Bedein has reported for news outlets such as CNN Radio, Makor Rishon, Philadelphia Inquirer, Los Angeles Times, BBC and The Jerusalem Post, For four years, Mr. Bedein acted as the Middle East correspondent for The Philadelphia Bulletin, writing 1,062 articles until the newspaper ceased operation in 2010. Bedein has covered breaking Middle East negotiations in Oslo, Ottawa, Shepherdstown, The Wye Plantation, Annapolis, Geneva, Nicosia, Washington, D.C., London, Bonn, and Vienna. Bedein has overseen investigative studies of the Palestinian Authority, the Expulsion Process from Gush Katif and Samaria, The Peres Center for Peace, Peace Now, The International Center for Economic Cooperation of Yossi Beilin, the ISM, Adalah, and the New Israel Fund.   Since 2005, Bedein has also served as Director of the Center for Near East Policy Research.   A focus of the center's investigations is The United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East (UNRWA). In that context, Bedein authored Roadblock to Peace: How the UN Perpetuates the Arab-Israeli Conflict - UNRWA Policies Reconsidered, which caps Bedein's 28 years of investigations of UNRWA. The Center for Near East Policy Research has been instrumental in reaching elected officials, decision makers and journalists, commissioning studies, reports, news stories and films. In 2009, the center began decided to produce short movies, in addition to monographs, to film every aspect of UNRWA education in a clear and cogent fashion.   The center has so far produced seven short documentary pieces n UNRWA which have received international acclaim and recognition, showing how which UNRWA promotes anti-Semitism and incitement to violence in their education'   In sum, Bedein has pioneered The UNRWA Reform Initiative, a strategy which calls for donor nations to insist on reasonable reforms of UNRWA. Bedein and his team of experts provide timely briefings to members to legislative bodies world wide, bringing the results of his investigations to donor nations, while demanding reforms based on transparency, refugee resettlement and the demand that terrorists be removed from the UNRWA schools and UNRWA payroll.   Bedein's work can be found at: www.IsraelBehindTheNews.com and www.cfnepr.com. A new site,unrwa-monitor.com, will be launched very soon.

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